Bretagne, Alsace, Béarn. Des courses pour tirer les langues régionales

Course
Après un départ officiel de Quimper, vendredi soir, la Redadeg est repassée par la préfecture finistérienne, hier après-midi. | Ouest-France

Au Pays basque, la première course en relais défendant une langue minoritaire était créée en 1980. Initiative reprise en Bretagne, avec la Redadeg, partie vendredi 4 mai de Quimper (Finistère). Et bientôt dans le Béarn et en Alsace.

Il y a dix ans, en 2008, la Redadeg (la course, en breton) était lancée pour défendre la langue bretonne…

Pour pouvoir courir avec le témoin en main, chaque participant doit payer.. une participation au km. La somme collectée est ensuite reversée à des projets bénéficiant à la langue bretonne.

Un modèle inventé en 1980 au Pays basque. Là-bas, l’initiative s’appelle Korrika (« en courant »). « Nous voulions développer l’enseignement du basque chez les adultes », expose Jakes Bortayrou, représentant d’AEK, l’association organisatrice de la Korrika. Après 39 ans d’existence, la course peut se targuer d’être aujourd’hui « la manifestation qui rassemble le plus de monde dans le Pays basque. Parfois, on est jusqu’à 10 000 coureurs en même temps. Au total, on doit brasser entre 200000 et 300000 personnes sur les dix jours que dure la course », enchaîne Jakes Bortayrou.

« Une fierté ressuscitée »

Des statistiques qui font saliver d’envie Daniel Barneix, président de la fédération Calandreta des Pyrénées Atlantiques. Via l’association qu’il préside, cet habitant du Béarn va lancer la Passem, le 25 mai prochain. Une nouvelle course relais qui cette fois-ci défendra la langue occitane durant 48 h et sur 400 km (350 km ont déjà trouvé acheteurs). « Au départ, on pensait faire des étapes et dormir dans des villes stratégiques. Finalement, on va courir jour et nuit. Cela signifie bien qu’il est urgent de faire circuler notre langue, menacée de disparaître », explique Daniel Barneix.

Les deux hommes en sont convaincus : ce type de manifestation « sert à l’attractivité des langues devenues minoritaires et qui risquent de ne plus exister ». Dans le Pays basque, Jakes Bortayrou estime que la Korrika « a permis depuis sa création de susciter une fierté ressuscitée de parler le basque». Dans le Béarn, Daniel Barneix espère « les mêmes retombées » pour l’occitan. Car, selon lui, « toutes les langues méritent de vivre. »

D’après un article de Basile CAILLAUD, publié dans Ouest France le 6/05/18