Gignac : quelques nouvelles de la Calandreta la Garriga

Articles parus dans ALENTOURS, journal de la Vallée de l’Hérault – Communauté de communes

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La calandreta, une histoire d’oiseaux 

Une calandreta est, en occitan, un apprenti mais aussi une alouette du printemps, il semble donc naturel que la Calandreta la Garriga de Gignac soit refuge LPO, mais ce n’est pas si simple que cela.

Quel était le cadre qui permit ce travail commun ?

Cela fait plus de 15 ans que l’école Calandreta la Garriga est engagée dans des projets de développement durable. Enseignants, élèves, parents et personnel sont tous concernés et, chaque année, nous faisons de nouvelles choses qui vont dans ce sens et enrichissent la réflexion avec l’équipe d’éco-délégués volontaires animée par Géraldine Combres. Devenir refuge LPO a amené un partenariat qui enrichit chaque jour notre projet de partage de la langue occitane et de l’éducation à l’environnement.

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Comment commença l’histoire ?

L’année 2013-2014, notre école, la Calandreta la Garriga de Gignac, prit comme thème de l’année pour le projet d’école lié au Développement Durable, la biodiversité.

Une fois par semaine, comme chaque année, nous avons décloisonné les classes en petits groupes. Les groupes tournèrent d’un atelier à l’autre, à chaque période scolaire. Ainsi nous avons pu découvrir les cycles de vie, observer et dessiner des animaux et végétaux, voir comment des auteurs, des musiciens et des peintres connus en parlaient, puis produire, cela a enfin été l’occasion de fa

ire du sport en reproduisant des déplacements et comportements d’animaux.

Dans ce cadre, nous avons planté des végétaux adaptés à la région pendant une journée dédiée avec calandrons, parents, animateurs et enseignants. Certaines étaient mellifères, pour participer à nourrir les abeilles du lycée agricole mais aussi des abeilles et guêpes solitaires abritées dans les hôtels à insectes que nous avons fabriqués avec l’association « Demain la Terre ! ».

C’est cette année que nous sommes devenus refuge LPO. Avant de nous engager, nous avons visité pendant notre classe découverte, le centre de Sauvegarde de l’Hérault, à Villeveyrac. Nous avons aussi découvert, toujours avec Valérian Tabard, un animateur occitanophone de la LPO, les oiseaux du bassin de Thau, nous fîmes de petits films pour expliquer nos découvertes et les présenter aux parents. Enfin, avec lui, nous avons lâché deux mouettes soignées au centre. Les éco-délégués proposèrent au conseil d’école que nous devenions refuge LPO et de le publier en cérémonie.

Et l’histoire continue

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L’année d’après, nous avons bâti avec l’aide d’étudiants du lycée agricole, deux nichoirs pour les chouettes, un pour effraie, un pour chevêche. Nous pensions que cela permettrait de limiter les populations de rongeurs dans l’école. Pour leur inauguration, les étudiants proposèrent au lycée de devenir aussi refuge LPO.

A partir de 2015-2016, nous avons organisé des promenades occitanes pour la découverte des oiseaux, gratuites et ouvertes à toute la population locale, dont une pour la Saint-Jean d’été, avec libération d’un oiseau soigné à Villeveyrac.

En 2016-2017, Valerian est venu former tous les primaires de l’école pour savoir comment porter secours aux oiseaux. En parallèle, à l’école, nous avons appris le nom des oiseaux et comment les reconnaitre. Avec la coordinatrice de l’animation, Sandrine Vera, nous nous sommes entrainés aux « bons gestes ». En fin d’année, nous avons pu passer un diplôme de secouriste des oiseaux.

Un article écrit par Ana Guyard, Cloe Salfati, Siloe Antoine-Bernard, Virgili Xavier.

 

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Vous n’avez pas eu l’occasion de lire l’article en Occitan ? Consultez le magazine en ligne.
https://www.cc-vallee-herault.fr/commun/kiosque-131/alentours-octobre-2017-1393.html?cHash=f208b166ab162f20cb7770037750c30b

 

Chanter à l’école occitane, la Calandreta la Garriga.

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« On considère que le chant provient d’une source mystérieuse qui touche l’ensemble de la création, humains, animaux, plantes, arbres et tous ceux qui l’entendent. Dans la tradition du conte, on dit que tout ce qui a de la sève « chante ». *».

Chanter avec les saisons

Chaque année nous préparons plusieurs fêtes : la fête de Noël, la fête des morts, la fête de carnaval, la fête de la Saint Jean d’été… Chaque année, nous apprenons des chants pour chacune de ces saisons.

Par exemple, cette année, pour Noël, nous avons appris deux chants traditionnels de plus : Un ser lo pastre et La camba me fa mau. Pour Martror, nous avons chanté L’alma dels mòrts de Claude Alranc et Menina de Louise Paulin. Nous avons appris Vendemias de Sylvain Chabau pour l’automne et nous avons rencontré le poète chanteur en allant vendanger à Arboras où il habite.

Chanter Chronos, le temps linéaire ou historique

En cours d’histoire nous avons appris quelques rudiments de la langue à clic du peuple San de Namibie qui vit comme à la préhistoire. L’an dernier nous avons chanté le plus vieux chant noté connu, l’Epitaphe de Seiquilos qui est un chant Grec Antique. Pour le Moyen-Age, nous avons appris plusieurs chants des Troubadours comme cette année Amb la dolçor del temps novèl de Guilhèm IX de Poitiers mais aussi des chants traditionnels comme Los esclòps qui permet de parler de la monnaie et son évolution mais aussi de la façon de se vêtir le long du temps.

Chanter le projet d’école

Certains chants permettent d’approfondir le projet d’école. Par exemple, cette année où il est centré sur la Santé, nous avons mis en place plusieurs actions proposées par les Eco-délégués. Nous avons profité de l’intervention d’une maman musicothérapeute. Elle nous proposa des musiques permettant d’aider à l’assimilation des apprentissages et de faire baisser le volume sonore des classes. Nous avons également expérimenté à la cantine.

En classe, quand nous avons étudié le peuple San, nous avons appris un chant de guérison véritable, La mort me prend en chasse**, car le chant sert à soigner, il fait partie du Chamanisme et existe depuis la préhistoire. En décloisonné, une équipe de calandrons de 4 à 10 ans en firent un petit film pour l’illustrer.

Chanter pour lire, écrire et compter

Ai rescontrat ma mia nous permit d’apprendre les jours de la semaine. L’auriòl nous a appris à mieux connaître les chiffres comme les autres chansons de neuf. En copiant les chants, nous améliorons nôtre écriture, en les chantant, nous améliorons nôtre langue orale et en les lisant, nous améliorons nôtre lecture. Certains chants courts, comme A, A, A ! nous permirent d’apprendre sons, syllabes, mots qui nous aidèrent à entrer dans la lecture écriture.

Enfin, certains chants réalisent plusieurs objectifs comme A la punta de l’espada qui est un chant gascon permettant d’apprendre une autre variante de l’occitan, qui permet de conter jusqu’à 9, de parler du Moyen-Age, de l’organisation sociale, de la culture de la fine amour ainsi que d’une légende patrimoniale…

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Le chant permet d’apprendre avec plaisir et de partager avec les autres pendant les spectacles, les échanges avec les correspondants ou bien encore à la maison avec la famille. Nous pouvons aussi les chanter avec les parents qui participent aux ateliers de langue les jeudis ou les mardis soir à la Calandreta.

Lilí Desrier Alexandre, Faustina Galtièr, Meilina Longelin, Alisèa Marter, Annà Guyard.

*Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les loups, éditions Grasset.

** Création du chant « la mort me prend en chasse»

Vous n’avez pas eu l’occasion de lire l’article en Occitan ? Consultez le magazine en ligne. https://www.cc-vallee-herault.fr/commun/kiosque-131/alentours-n41-fevrier-2018-1502.html?cHash=20d5ae02c8df66265918aa3b3dd180d5