Historique

1977-1979 : L’enthousiasme des fondateurs !

1977 Au congrès de l’Institut d’Etudes Occitanes de Béziers, le président, Yves Rouquette, critique la situation de la langue occitane. Une langue enseignée à la faculté, optionnelle au baccalauréat, mais qui n’est pas enseignée à l’école maternelle. Parmi les personnes qui l’écoutent, se trouve une enseignante de maternelle d’une école privée de Cazouls les Béziers. Son nom : Jaumeta Galinier-Alemani qui devient plus tard Madame Arribaud. C’est une militante de la langue occitane dans l’association « Volèm Viure Al País », mais aussi militante du mouvement de la pédagogie Freinet dans le groupe de Béziers, auquel participe déjà René Laffitte. Elle se sent profondément concernée par l’appel d’Yves Rouquette. Au début, près d’elle, deux collègues de « Volèm viure a País » se démènent sur le projet d’ouvrir une école maternelle occitane : Edmond Albi, professeur de Sciences et d’Occitan an collège, et Michel Marti, un pharmacien de Béziers d’origine catalane.

1978 En Bearn, un groupe composé en majeure partie par « Los de Nadau », lance le projet d’ouvrir une école en gascon sur le modèle des Ikastolak basques qui existent depuis 1969. Lors d’une réunion d’Entau País, les amis de la langue occitane de Béarn décident qu’il faut transmettre la langue aux enfants dès l’école maternelle, et qu’il ne suffit plus de faire des discours et de lancer des idées : il est temps de faire et non plus de parler ! Ceux de Béziers et ceux de Pau travaillent chacun dans son coin.

C’est Anne-Marie Roth qui « invente » ce mot de Calandreta devenu célèbre pour désigner l’école occitane. Elle choisit un mot panoccitan, compatible avec la notion d’école. Calandreta désigne à l’origine un petit oiseau des vignes, l’alouette. Les occitanistes disent que l’alouette annonce le printemps de la langue… D’autre part, Calandron désigne aussi un petit apprenti.

Setembre 1979 Naît la première association Calandreta : La Calandreta Paulina qui existe toujours.

1980-1984 : fabriquer un futur à la langue !

1980 En janvier, naissance de la première école Calandreta à Pau en Gascogne. En février 1980, le groupe de Béziers apprend la création de la Calandreta Paulina. Les Bitérois partent à Pau afin de rencontrer le groupe de la Calandreta Paulina. La deuxième école va ouvrir rapidement. Les Bitérois décident de prendre le même nom de Calandreta… Le mouvement vient de naître ! Les fondateurs ont voulu Calandreta comme école occitane, laïque et gratuite. Et cela est resté et demeure ainsi. Ils l’ont voulue école du service public occitan. L’Etat français, lui, la voyait et la voit toujours différemment…

1981 Début 1981, François Miterrand, candidat aux élections présidentielles pour l’union de la gauche, fait des propositions de gouvernement. Il y en a une, pour les langues dites régionales comme l’occitan, le basque, le catalan, le breton ou l’alsacien.

Au mois d’avril, Calandreta ouvre la petite école Còsta Pavada de Toulouse.

Le mois de juillet voit naître la Confederacion Occitana de las Calandretas au congrès d’Etsaut.

Les associations Calandretas n’ont quasiment aucun moyen de financement.

Les projets d’ouvertures sont nombreux , cependant : Montpellier Clapàs(projet porté par le groupe de Béziers), Oloron Sainte Marie (en lien avec Pau), et La Test de Buch en Aquitaine nord.

1983 Le 24 juillet, à Bordeaux, à la Maison des Basques « Eskual Etxea », se réunissent Seaska, Diwan, La Bressola, Calandreta et Scola Corsa. Le lien entre les écoles Seaska, la Bressola, Calandreta et Diwan commence de fonctionner…

En septembre, le premier C.P. en occitan ouvre à la Calandreta de l’Ametlièr de Béziers. Pour la première fois, des enfants commencent l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en occitan. C’est une première historique !

1984 A la rentrée de septembre, Calandreta compte déjà 7 écoles qui scolarisent 102 calandrons dans 9 classes. Les écoles sont Pau, Béziers, Toulouse, Oloron Sainte Marie, La Teste de Buch, Montpellier, et Seysses près de Toulouse qui va s’arrêter et devenir ensuite l’école de Muret.

Malgré les difficultés, le mouvement Calandreta se développe avec vigueur. A l’époque, les congrès durent une semaine. Il faut élaborer et coordonner le projet linguistique et pédagogique. Il faut tout mener à la fois : la bataille politique et juridique avec le ministère, la bataille financière pour la survie quotidienne des écoles, la bataille pour créer les outils pédagogiques qui manquent, et la bataille pédagogique tout simplement, car les premiers enseignants doivent se former… sur le tas.

1988-1993 : La décentralisation fait avancer Calandreta quand la représentation nationale noie les langues de France

1988 A la rentrée de septembre, les premiers calandrons sortent du CM2.

Calandreta recommence à s’étendre car la Calandreta de Nîmes, portée parMontpellier, est sur le point d’ouvrir. Orthez aussi va ouvrir en septembre grâce au soutien de la Calandreta Paulina. Deux écoles Calandretas de plus ! Le développement enfin.

1989 En septembre, avec l’ouverture de la Calandreta Sant Çubran deToulouse, il y a 10 écoles ouvertes qui scolarisent 282 enfants grâce au travail de 18 enseignants. Les fruits des dix premières années de travail.

1990 ABCM Zweisprachigkeit est créée, les écoles associatives en Alsacien rejoint nos mouvements immersifs en langue régionale.

1991 A la rentrée de septembre, la Calandreta Paulina, ouvre le cursus primaire.

1992 Le 25 juin, le congrès des députés et sénateurs de France, réuni à Versailles, vote la modification de l’article 2 de la constitution de la 5ème république française. A l’alinéa numéro 1 de l’article 2 ont lit désormais : « La langue de la république est le français ». Ainsi les autres langues de France son niées, refusées, effacées…

A Montpellier, une deuxième école, la Calandreta Candòla ouvre à la fin de l’année. Le développement continue.

1993 Au mois de février, la Confédération engage son premier salarié non-enseignant. Il est embauché comme secrétaire général confédéral. La professionnalisation du mouvement Calandreta commence.

1993-1997 : un statut juridique pour les écoles

1993 La deuxième école de Béziers, Calandreta dels Falabreguièrs, ouvre au mois de février dans le restaurant du centre de loisirs tenu par les curés… A Narbonne, La Calandreta Narbonesa-la Granhòta, ouvre dans une maison de la rue des arts en mars… Le développement !

La preuve ? Calandreta a, à la rentrée de septembre 1993, 17 écoles ouvertes et scolarise 681 enfants avec 43 enseignants.

Dès 1993, la Confédération lance un premier essai de formation initiale pour les enseignants des Calandretas.

En Juillet, la Confédération Occitane des écoles Calandretas invite le ministre de l’éducation nationale, François Bayrou à son congrès à Oloron Sainte Marie en Béarn. François Bayrou propose de reconnaître les écoles avec l’immersion et la gestion associative comme caractère propre. C’est la première fois que l’Etat français accepte de reconnaître l’immersion à l’école.

Entretemps, Calandreta se développe toujours. La fédération de Midi-Pyrénées ouvre successivement Castres, Pamiers, Tarbes, pendant que d’autres écoles se préparent comme Bagnères de Bigorre ou Castanet Tolosan. En Aquitaine c’est l’époque où se crée Lescar. En Languedoc naissent les Calandretas de Pèzenas, Gignac et Carcassonne. EtLimoges, qui ouvre, seule au Nord de l’Occitanie.

1994 En décembre, la Confédération accepte de signer l’accord de Bayrou. Calandreta, à contre-coeur il faut bien le dire, entre dans la loi de 1959 : à partir de septembre 1994, 46 enseignants sont payés par l’Etat.

Un autre aspect de l’accord signé avec François Bayrou est que le caractère laïque et associatif des Calandretas, sa pédagogie et son projet Latinitasd’enseignement des langues de la famille des romaniques font partie du texte de l’accord officiel.

1995-96 Après l’Ecole, Calandreta invente l’Etablissement d’enseignement supérieur en occitan. Une fois l’accord Bayrou signé APRENE est créée en février 1995 et le ministère de l’Education Nationale, de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur conventionne cet établissement le 6 mai 1996. Cette année là, l’école d’Orange (Provence) ouvre ses portes.

1996-97 Entre octobre 1996 et mars 1997, les présidents de Seaska, La Bressola et Diwan viennent visiter APRENE, car, eux n’ont pas encore d’établissement de cette sorte. Calandreta leur propose de monter un établissement de formation en commun : Institut Supérieur des Langues de la République Française (I.S.L.R.F).

1997-2002 : Calandreta continue sa croissance malgré les empêchements de l’Etat

1997 À la rentrée de septembre, Calandreta ouvre le collège Calandreta Leon Còrdas a Lattes (près de Montpellier) sans aucune aide de l’Etat.

Le 20 octobre, c’est la première rentrée de l’Institut Supérieur des Langues de la République Française à Béziers avec un groupe de 30 stagiaires.

De nouvelles Calandretas naissent entretemps : Gap, Aurillac, Sète, Mèze,Béost, Montpellier (Pierre Rouge/Lepic)… Mais le ministère de l’éducation nationale refuse de donner les moyens de développement pédagogique à Calandreta.

De plus Calandreta participe à des manifestations pour obtenir la modification de l’alinéa 1 de l’article 2 de la constitution française. Et pour obtenir enfin une loi pour les langues dites régionales qui permette la ratification de la Charte Européenne des langues moins répandues.

1999 En mai, Calandreta fête ses vingt ans à Pau et le ministre de la coopération signe, pour la France, la Charte Européenne des langues dites moins répandues… Le 25 mai le Conseil Constitutionnel édicte que le texte européen est incompatible avec la constitution de la république.

Mai et juin 1999, suite à une demande lancée par Diwan, Calandreta participe à une négociation au Ministère de l’Education Nationale à Paris pour étudier les possibilités d’intégration au service public d’éducation en conservant l’immersion.

A la rentrée de septembre, 1608 calandrons prennent le chemin de l’école ou du collège. Avec les Calandretas d’Alès, Périgueux et Rodez 38 établissements sont ouverts ou sur le point d’ouvrir.

En parallèle, l’Etat propose toujours aux écoles associatives en langues régionales leur intégration dans l’Education Nationale, mais « à législation constante ». Ce qui veut dire en gardant l’article 2 de la constitution… Diwan accepte l’accord et signe.

2002 Las Calandretas de Limoux e de Pessac ouvrent à la rentrée de janvier.

Le moment fort du printemps est le congrès Calandreta de Maurs (Cantal). Ce congrès est un moment fort d’échange et de rencontres. Quatre jours de suite, tout le monde « s’associe pour faire école », comme le dit la jolie formule d’entête du congrès. Responsables associatifs, enseignants, parents… pétrissent le projet commun !

2001-2008 : Conseil constitutionnel et Conseil d’Etat travaillent contre l’immersion

2001 Le Conseil constitutionnel s’autosaisit le 27 décembre 2001 pour condamner le projet de rémunération avec le denier public du personnel de Diwan en s’appuyant sur l’alinéa 1 de l’article 2 de la constitution.

2002 En novembre, le Conseil d’Etat déclare que les textes d’intégration de Diwan sont annulés. Mais il annule aussi les textes permettant d’enseigner une langue dite régionale en immersion ou à parité horaire. En Aquitaine ouvrent les écoles de Lys e de Monein et en Provence celle de Drap/Nice.

2003 En mars à Perpignan, premier colloque ISLRF pour protéger l’immersion sur le terrain pédagogique, tout juste ! Le thème ? « L’enfant en immersion linguistique précoce ».

À la rentrée ouvrent les écoles d’Agde, Pousuigues et Puy en Velay et en 2004 c’est la deuxième Calandreta de Nîmes.

2005 Le 22 octobre, Calandreta marche dans les rue de Carcassonne, au beau milieu de 10 000 personnes. Anem Òc per la lenga occitana ! La manifestation est organisée par quasiment tout le mouvement occitan. Nous serons encore plus nombreux à Béziers en 2007 ; 20 000 venus de toute l’Occitanie. Une joyeuse réussite !

Rentrée de septembre, ouverture du deuxième collège, pour Béarn et Bigorre à Pau et naissance de la Calandreta de Millau dans l’Aveyron.

2006 Ouverture de la Calandreta de Sigean.

2007 En novembre deuxième colloque ISLRF à Landerneau (Bretagne) sur le thème « L’immersion une réussite, l’exemple gallois ».

Rentrée de septembre ouverture des Calandretas de Bertren en Midi-Pyrénées et de Ginestas dans l’Aude.

2008 Est proclamée Année internationale des langues par l’Assemblée générale de l’ONU.

Le 9 juillet 2008, grâce à l’amendement porté par quelques députés, l’intégration à la Constitution de l’article 75-1 est votée : « Art. 75-1.- Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

À la suite de cette modification constitutionnelle, une loi devrait être votée au parlement afin d’assurer des droits concrets en matière d’enseignement, de création, de diffusion de supports culturels ou encore de signalétique.

À la rentrée 2008-2009 ouverture des écoles d’Albi et Gaillac dans le Tarn. Avec 48 écoles et 2 collèges, les Calandretas scolarisent 2514 enfants.

2009-2012 : Calandreta à 30 ans !

2009 Ouverture de la Calandreta Los Cascamèls (11700 Pépieux)

2010 Congrès des 30 ans de Calandreta

Ouverture de la Calandretas Terra Maire (34700 Le Bosc)

2011 Ouverture des Calandretas Titouan Lamazou (64110 Mazères-Lezons), Esquiròl (46400 Saint-Céré), Siron (33720 Barsac).

2012 Congrès des Calandretas à Pleaux (Cantal).