Les belles voix de la Calandreta de Laloubère

Une petite voix a déclamé un timide « Adishatz a tus » puis, des dizaines d’autres cordes vocales se sont mises à vibrer avec elle aux sons de l’occitan. Plus que sa traditionnelle fête de fin d’année, la Calandreta de Laloubère célébrait sa victoire au prix Jan-Moreu, sous la halle de l’ancien marché d’Ibos. Une récompense nouvellement créée par l’Oplo (Office public de la langue occitane) pour primer un projet original concernant la transmission ou l’utilisation de la langue d’oc. « Depuis septembre, les enfants travaillent avec Bastien Miquèu, chanteur traditionnel, explique Marie, présidente de l’association Calandreta. Les plus grands ont même commencé les polyphonies à deux ou trois voix et tout a été enregistré sur un CD d’une dizaine de morceaux qui sortira à l’automne. »

Bastien Miqueu (au centre) donne le rythme à sa petite troupe de chanteurs / Photo DDM, Rachel Barranco.

Membre de l’association Canta se gausas ! (Chante si tu oses), Bastien met un point d’honneur à léguer «cet héritage musical et traditionnel» qu’il a lui-même reçu de ses aînés. «Quand les enfants voient des jeunes pratiquer, ça leur fait envie», juge le chanteur de 36 ans. C’est aussi cette perspective qui a séduit l’Oplo.

«On voulait montrer que la transmission ne passe pas que par les adultes, confie Charline Claveau Abbadie, conseillère régionale Nouvelle Aquitaine déléguée aux langues régionales et présidente de l’office, venue remettre le prix Moreu, ainsi que les 3.500€ et dotations en ouvrages qui vont avec. Quand des petits entendent d’autres petits, ça marche aussi.» Et pas que, si l’on en croit les mines ravies, les applaudissements et les rythmes discrètement tapés du pied par les parents des 72 enfants en représentation.

«C’est bien de montrer ce qu’on sait chanter, de l’enregistrer et de faire connaître la Calandreta», se félicite Joanis, 11 ans et futur élève du collège Calandreta de Pau. Avec ses camarades, il a servi une belle version de «Lo Cap de l’aso» avant de laisser la scène aux anciens du groupe Parpalhon. Puis de partager un bon repas entre enfants, parents et enseignants, comme un écho aux paroles de Nathalie, institutrice à Laloubère. «Le chant, c’est une tradition pyrénéenne et ça crée du lien social pour se rassembler.»