Les calandrons font les journalistes radio et télé

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Les journalistes en herbe étaient ravis de présenter leur travail devant leurs parents et leurs camarades d'école./Photo V. T.

L’émission radio «#Actuacalandrons» n’a sans doute pas échappé aux auditeurs de «Radio Pais Bigorre». Mais peu savent peut-être que les voix d’enfant que l’on peut entendre sont ceux des élèves de la Calandreta de Bagnères-de-Bigorre. De vrais journalistes en herbe qui traitent de l’actualité locale, nationale et même internationale en occitan. Avec un réel plaisir et une étonnante aisance.

«Les élèves de Bagnères ont été choisis parce qu’ils ont le plus joli accent», glisse, non sans fierté, Jean-Claude Viau, l’un des fervents défenseurs de la langue occitane. «Ils sont courageux», tient à souligner Silvan Carrère qui se rend à l’école bilingue de la cité thermale tous les quinze jours pour enregistrer l’émission. «Ce n’est pas facile de parler dans un micro et devant la caméra, ou encore d’apprendre les textes par cœur. Car, précise-t-il, on travaille sans prompteur. C’est aussi beaucoup de boulot en amont pour les élèves, on a notamment travaillé sur l’intonation. Mais ils progressent vite.» Un progrès qui n’a rien de surprenant vu l’enthousiasme débordant des jeunes écoliers.

Si la collaboration entre la Calandreta de Bagnères et la chaîne occitane ne date pas d’hier, les vingt-cinq graines de journaliste des classes de CM1 et CM2 ont tenu à présenter aux familles et à leurs camarades le dernier cru de cette émission réalisée par «Radio Pais» et «OCtélé» avant qu’elle ne soit diffusée sur le net. Sous le préau de l’école, devant une assistance nombreuse, les jeunes ont présenté leur travail, offrant une belle démonstration de leur aisance avec le micro mais aussi de leur éloquence. Le tout confirmé en images lors de la projection de leur JT.


«L’occitan est une langue vivante»

«On amène des journaux à la maison et on souligne l’essentiel, puis on travaille en classe les textes qu’on va enregistrer», expliquent avec beaucoup d’enthousiasme Clara, Titoan V., Titoan B., Noémie et Soline, qui tiennent à remercier «Silvan et Valérie de nous permettre de faire ça. On a beaucoup de chance». Surtout qu’ils découvrent aussi plein de choses. «Avant, on ne lisait pas les journaux», confient-ils, tout aussi intéressés aujourd’hui par l’actualité politique, économique et environnementale que celle du quotidien, et bien d’autres sujets. «On aime tout», nous répondent-ils de chœur. Déjà des vocations ? «Je ne sais pas, il y a plein d’autres matières intéressantes», nous dit Titoan. «Et puis, il faut beaucoup écrire», hésite encore Soline. Toujours est-il que «c’est une belle aventure pour les enfants», comme l’a souligné la directrice de l’école Valérie Cazenave-Bernadou. «Et une manière de transmettre le message que c’est une langue qui vit et qui a toute sa légitimité sur les ondes, le net, voire les réseaux sociaux», souligne Silvan

Viktoria Telek. Publié dans La Dépêche, le 01/06/2017.