Penne-d’Agenais : une calandreta ouvrira à la rentrée de septembre

Après un an et demi d’existence, l’association Envol 47 va ouvrir une école en langue occitane, sur le site de Saint-Martin-des-Cailles, appartenant à la commune.

C’est officiel depuis quelques jours seulement. L’annonce faite en ligne sur la page Facebook de l’association date du 13 juillet en soirée : «Lo Caminol», une calandreta ou école occitane, privée, portée par Envol 47, ouvrira ses portes à la rentrée de septembre à Penne-d’Agenais.

Neuf enfants entre 3 et 5 ans sont déjà inscrits pour la rentrée, l’enseignante, Virginie Chibau, a terminé sa formation à la méthode Freinet et traditionnelle et une agent spécialisée dans les écoles maternelles (ASEM) a été recrutée.

«Au départ, le projet était d’ouvrir cette école sur Villeneuve ou le Villeneuvois», rappelle Clémence Frégard, la présidente d’Envol 47. «Mais les municipalités de Villeneuve, Bias, ou Pujols n’ont pas répondu favorablement à nos demandes de mise à disposition de locaux». L’association avait également pris attache avec la commune de Sainte-Colombe-de-Villeneuve, qui n’a plus d’école et qui proposait de céder gratuitement un bâtiment, «mais il y a trop de travaux à réaliser».

Neuf enfants à l’ouverture

Finalement, c’est à Penne, d’où est originaire Clémence Frégard et où elle cultive et commercialise des plantes aromatiques et médicinales, que «Lo Caminol» va ouvrir : «La commune nous a mis gratuitement à disposition l’ancienne école de Saint-Martin-des-Cailles. À charge pour nous de faire quelques travaux pour accueillir les enfants et de payer l’eau, l’électricité, les charges courantes. Le site est super, c’est en pleine campagne, c’est parfait pour notre projet».

Après Jansemineta en 2014 à Agen, «Lo Caminol» à Penne est la deuxième calandreta à ouvrir en Lot-et-Garonne / Photo DDM, archives J.-M.M.

Changer de lieu en s’installant à Penne plutôt qu’à Villeneuve aurait pu décourager certaines familles : «En réalité, on va mettre en place du covoiturage et les familles sont prêtes à faire la route pour un projet auquel elles participent et qui leur convient. On n’a pas de problème d’effectif, au contraire».

L’école ouvrira avec 9 enfants donc. À titre de comparaison, la calandreta Jansemineta qui a ouvert à Agen en 2014, l’avait fait avec 3 enfants seulement : «Le but, c’est de commencer doucement, pour prendre nos marques. On veut rester une structure associative de petite taille. Dans les années à venir, jusqu’à ce que les enfants de la rentrée 2017 atteignent tous le cours préparatoire, il n’y aura pas plus de 5 ou 6 inscriptions par an».

Mobilier de récupération

Côté budget, l’accord avec la commune règle le «problème» du loyer : «La scolarité est gratuite. L’association régionale Calandreta à laquelle nous sommes affiliés prend, elle, en charge le salaire de l’enseignante qui pilote le projet éducatif. De notre côté, nous payons les frais en demandant une contribution aux frais généraux de 25€ par mois par enfant, pour la première année, en espérant la baisser à l’avenir».

Les parents d’élèves, eux, participent activement à la levée des fonds nécessaires pour permettre la vie de la classe, en organisant des ventes de produits manufacturés sur les marchés, ou en rénovant des meubles et du matériel anciens : «Par souci d’économie et aussi pour ne pas gaspiller en achetant du neuf alors qu’on peut recycler». À ce sujet, «Lo Caminol» est à la recherche de chaises pour enfants de maternelles, de petits lits pour la sieste et également de matériel éducatif.

Calandreta « Lo Caminol », envol47@gmail.com et sur Facebook « Calendreta Lo Caminol ».

Jérôme Schrepf. Article de LADEPECHE.fr paru la 20 juillet 2017.  http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/20/2615329-une-calandreta-ouvre-a-la-rentree-de-septembre-a-penne.html

Calandreta : un projet «bon pour tout le monde»

Arnaud Devilliers met à disposition gratuitement les locaux de l’ancienne école de Saint-Martin-des-Cailles en attendant de les vendre / Photo DDM.

Le maire de Penne-d’Agenais, Arnaud Devilliers, le reconnaît sans mal : «L’occitan, ce n’est pas ma culture». Pour autant, il a été convaincu par l’enthousiasme des parents d’Envol 47 : «Ce ne sont pas des farfelus. Leur projet est structuré. Les enseignants de notre école communale bilingue français-occitan ne voient pas d’inconvénient à l’ouverture d’une calandreta. Côté commune, nous avons mis en vente l’ancienne école de Saint-Martin-des-Cailles, mais qui reste vide pour l’heure et pouvait se dégrader ou être vandalisée. Là, elle est occupée, mais toujours en vente : le deal avec l’association, c’est qu’en cas d’achat par un tiers, l’école s’engage à quitter les lieux sous deux mois. C’est un projet dynamique, une richesse de plus pour la commune, c’est bon pour tout le monde».

Pour l’association Envol 47, qui porte le projet «Lo Caminol», le but est aussi de nouer des liens avec la commune : «L’ouverture de l’école va sans doute faire s’installer une famille sur Penne, et créer une dynamique : lorsqu’on aura des marchés ou des événements à organiser au bénéfice de l’école, on le fera ici», confie Clémence Frégard.