Pourquoi l’occitan n’a pas dit son dernier mot

Que reste-t-il aujourd’hui de l’occitan ? La langue millénaire est-elle réduite à un rôle folklorique, tout juste bonne à amuser les touristes qui prennent le métro à Toulouse pour la première fois ? Pas sûr… Si elle est tombée, un temps en disgrâce, celle-ci connaît un nouvel élan depuis quelques années. Hier, le conseil départemental s’est même engagé dans un plan pour sa valorisation (voir encadré).

Une récente étude réalisée par la région Midi-Pyrénées, indique que l’occitan est bien implanté dans notre région. 32 % des Midi-Pyrénées déclarent avoir au moins quelques notions d’occitan quand 18 % d’entre-eux, se disent des locuteurs. Cependant, seul 4 % ont un niveau allant de très bon à bilingue. L’étude pointe aussi du doigt que la pratique de la langue est en perte de vitesse. «Ça dégringole», concède Jean-Paul Becvort, directeur de l’Institut d’études occitanes 31. «Il y a eu une rupture dans la chaîne d’apprentissage. Nos grands-parents qui parlaient occitan entre eux, ne l’ont pas fait avec leurs enfants», ajoute Jean-Louis Blenet, coprésident de la confédération Calandreta.
Pourtant, l’occitan jouit d’une bonne image. 74 % des Midi-Pyrénéens trouvent intéressant de préserver cette langue. Ils sont même 90 % à considérer que la disparition des langues régionales serait une perte culturelle pour la France et ses régions.

«Grâce au travail des militants, les gens perçoivent de plus en plus que l’Occitan est une richesse», poursuit Jean-Paul Becvort.

Les Calandretas, lieux d’apprentissage occitan

Une observation que partage Jean-Louis Blenet coprésident de la confédération Calandreta. «Je remarque un changement énorme, depuis 4 ou 5 ans, de la part de la population. Ils s’aperçoivent que la diversité culturelle doit être défendue», explique-t-il. Les 4 000 élèves qui fréquentent les Calandratas de la région, en sont la preuve.

Une identité qui se pose sans s’opposer

« Les valeurs que porte l’occitan, sont des thèmes qui vont bien avec la République, explique Bernard Bagnéris, conseiller départemental chargé de la promotion de la langue et de la culture occitane. Le terme de convivéncia, en est un bel exemple. Ce concept résume la volonté de vivre ensemble et de respect de l’individu.»

Chez ces acteurs de la défense de l’occitan, cette lutte ne se fait jamais au détriment d’une autre langue ou d’une autre culture. Tous défendent, le plurilinguisme et le multiculturalisme. Une façon de regarder dans le rétro pour préparer l’avenir.

La culture occitane possède de nombreux défenseurs./ Photo DDM, XdF archives

La culture occitane possède de nombreux défenseurs. /Photo DDM, XdF Archives

 


Un schéma départemental de valorisation de l’Occitan

«Nous avons le devoir de veiller tous ensemble sur notre patrimoine culturel immatériel (…) L’Occitan est assurément une chance pour nos territoires», indiquait, George Méric, le président du conseil départemental, lors de la présentation du plan pour l’Occitan.

Dès 2015, le président du conseil départemental avant d’ailleurs désigné un élu référent et nommé un chargé de mission à la promotion de l’Occitan. L’objectif du schéma présenté, s’appuie sur trois enjeux : la transmission de la langue, notamment par l’enseignement (une convention va être signée avec l’éducation nationale), la diffusion de la langue et de la culture au travers des médias ou des festivals et la présence de l’occitan dans l’espace public.

Quelques exemples d’actions concrètes que prévoit le Département : mettre à disposition du matériel pédagogique aux enseignants et poursuivre les aides aux associations assurant la diffusion de la langue et de la culture occitane dans les établissements d’enseignants ; organiser des stages de sensibilisation à la langue et à la culture, destinés aux élus locaux, municipaux, intercommunaux ou départementaux ; installer, dans les communes qui le souhaitent, la signalisation bilingue en occitan.


Repères

Le chiffre : 90 %

90 % des sondés d’une récente étude de la région Midi-Pyrénées, considèrent que la disparition des langues régionales serait une perte culturelle.

Article La Depêche, publié le 27/10/2017. http://www.ladepeche.fr/article/2017/10/27/2673736-langues-pourquoi-occitan-dit-dernier-mot.html