Plus de contrats aidés en association : la calandreta de Lavaur en grande difficultés

Exit les contrats d’avenir et les contrats initiative emploi dans le secteur marchand privé. Pour la fin 2017, le Tarn n’a de quoi financer que 42 contrats aidés. En 2018, la priorité sera donnée à l’urgence sanitaire et sociale.

En septembre dernier, parents et enseignants d'écoles occitanes calendretas dénonçaient, à Albi, les conséquences de la suppression des emplois aidés./ Photo DDM Archives Marie-Pierre Volle
En septembre dernier, parents et enseignants d’écoles occitanes calandretas dénonçaient, à Albi, les conséquences de la suppression des emplois aidés./ Photo DDM Archives Marie-Pierre Volle
Les premières annonces en plein été sur la disparition programmée des emplois aidés, ont déclenché une bronca tous azimuts. La rallonge annoncée de 40 000 contrats aidés supplémentaires en France pour 2017 n’a pas suffi à rassurer.
Sur le terrain, l’inquiétude est bien réelle comme a pu le constater Jean Terlier, député En Marche de la 3e circonscription du Tarn. Lors d’un récent forum des associations à Castres, le député a été interpellé par plusieurs associations comme la Calandreta de Lavaur, la MJC de Saint-Sulpice, l’Epadh de Mazamet ou encore le chenil d’Aussillon.
Toutes dénonçaient les menaces que font peser ces suppressions sur l’avenir de leur structure.
Pour le Tarn, passé le tamis régional, désormais de rigueur, il restait, pour la période allant du 15 septembre au 31 décembre, de quoi financer 42 contrats aidés. Après les 900 alloués pour le premier semestre, le département en attendait plus de 600 au second. La dotation n’est jamais arrivée.
«Les contrats aidés ne sont pas supprimés, on n’en signe pas de nouveaux. C’est une pause dans la prescription», résume avec un certain art de la formule Michel Dalmas, responsable de l’unité départementale du travail et de l’emploi.
L’état a tenté de rassurer, dès septembre, par la voix du Premier ministre, en garantissant le maintien des contrats aidés dans l’Éducation nationale (auxiliaires de vie scolaire) et la police. Pour 2018, ces contrats seront réservés en priorité à l’urgence sanitaire et sociale, à l’accueil des personnes âgées, l’aide aux personnes handicapées, aux crèches et aux associations caritatives. «Ils seront limités à ces secteurs», confirme Michel Dalmas. Pour les associations, utilisateurs majoritaires des contrats aidés, c’est une autre histoire.
Fin des emplois d’avenir

Peu de chance qu’en 2017 la Calandreta de Lavaur récupère ses emplois aidés. Cette école occitane n’étant pas encore agréée par l’état, elle n’entre pas dans le dispositif prioritaire. Même chose pour la MJC de Saint-Sulpice et pour bon nombre d’associations sportives, culturelles ou de loisirs. Celles qui intervenaient dans l’animation périscolaire vont devoir trouver d’autres solutions.

«Elles peuvent se retourner vers des contrats avec le Département», suggère le député Terlier en expliquant que pour l’état, le financement des emplois aidés «est un coût très élevé».

On devine la réponse du Département, qui peine déjà financièrement à remplir sa mission d’aide sociale.

Dans le Tarn, en 2017, les emplois aidés, tous types confondus, représentent pour l’état près de 9 M€ dont 635 000 € pour les seuls contrats initiative emploi (CIE) des entreprises. Ceux-là disparaissent définitivement tout comme les emplois d’avenir.

«Le dispositif est arrêté et ne sera pas renouvelé», confirme Michel Dalmas. «On recentre le dispositif…».


Les chiffres

Conventions de contrats aidés signées dans le Tarn en 2017 :

1 359 CAE contrats d’accompagnement de l’emploi

140 CIE contrats initiative emploi marchand

116 EAV emplois d’avenir secteur non marchand

50 EAV secteur marchand

Répartition des contrats aidés (CAE) :

Associations 50 % (664)

Collèges et lycées 18 (51)

Communes 15,5 (207)

Établissements publics autres 8 (109)

Sanitaire public 4 (51)