Une universitaire suisse soutient les Calandretas

 
Christianne Perregaux ./Photo DDM

Christianne Perregaux ./Photo DDM

Christianne Perregaux, professeur honoraire de l’université de Genève en psychologie et sciences de l’éducation était l’invitée d’honneur de l’école occitane pour une conférence sur le plurilinguisme. Ayant travaillé dans le domaine des pluralités linguistiques et culturelles, elle a également mené un certain nombre de recherches avec mise en pratique de l’éveil aux langues (langues minorées). Objectif : stimuler la curiosité des enfants sans être dans leur apprentissage mais plutôt dans l’éveil en développant des attitudes avec un aspect plus social d’un rapport à l’autre.

«L’occitan ne doit pas être une langue musée»

«Je suis sensible à ce que j’ai entendu sur les Calandretas avec à la fois la réappropriation de l’occitan et la créativité du futur. Il y a dans ce type d’école un projet de société qui me semble particulièrement fort de par son histoire mais aussi par le fait de considérer cette langue comme porteuse d’éléments forts pour l’avenir. Je considère les Calandretas comme un espace de développement durable qui, malgré la mondialisation, montre l’importance sociale et politique de chacun.

En effet la pédagogie de l’école est pour moi importante car la parole des enfants est prise au sérieux. Cet élément du développement durable est le fruit d’une démarche citoyenne car cela concerne non seulement une école mais aussi la société qui l’entoure. C’est une langue qui leur appartient et plus il y a de gens qui les rejoignent, plus cette langue revivra».

À la question d’un auditeur qui se demande si l’apprentissage de cette langue est juste une démarche pour des raisons affectives (mue par une nostalgie du passé) ou bien un outil pédagogique ?

«On est dans la phase de réappropriation d’une langue qui ne peut donc être faite que comme outil pédagogique, mais qui doit servir à ce qu’elle ait un sens, qu’elle ne soit pas juste passéiste, ni folklorique ni une langue musée».